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lundi 23 octobre 2017
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Ajaccio ›

Publié le  - 4
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nationalistes
Concernant le dernier coup de filet et la mise en cause de Pierre Paoli, Jean-Félix Acquaviva considère que l’Etat se comporte en apprenti sorcier. Jean-Christophe Angelini estime quant à lui qu’il s’agit d’une « erreur d’appréciation ».Corse-Matin et Photo Jean-Pierre-Belzit
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Les nationalistes ne sont que peu satisfaits des décisions de Paris qui comportent trop d’incertitudeset de jacobinisme selon eux.L’incarcération de Pierre Paoli ne met pas non plus d’huile dans les rouages

La « famille » nationaliste semble être à une croisée des chemins. En Corse, pour paraphraser Paul Leonetti de Corsica Libera lors des municipales ajacciennes, elle peut considérer qu'elle « a gagné la bataille des idées ». Mais ce qui est vrai de ce côté-ci de la Méditerranée, ne l'est pas forcément sur la rive septentrionale de la mer. Et semble le devenir encore moins, arrivé à Paris...

Au regard de ce qu'a voté l'assemblée de Corse au cours des derniers mois, le gouvernement ne reste pas immobile. Mais pour les nationalistes (qu'ils soient d'Inseme, du PNC ou de Corsica Libera), il avance « à pas de fourmi ».

« Un piège grossier »

Surtout, dans une île où chaque signal est examiné à la loupe, l'incarcération, jeudi, de Pierre Paoli, membre de l'exécutif de Corsica Libera est considérée comme particulièrement négative. On a pu s'en rendre compte hier. Inseme et le PNC tenaient des conférences de presse, respectivement à Corte et Ajaccio, en marge de la réunion des cadres des deux mouvements. L'un et l'autre ont réitéré leur soutien à Pierre Paoli.

Pour Inseme, Jean-Félix, Acquaviva taxe l'État« d'apprenti sorcier » (lire par ailleurs)et le soupçonne de vouloir provoquer des dérapages. Pour le PNC, il s'agit, au mieux, d'une erreur. « Partout en Europe, chaque fois qu'un mouvement clandestin a déposé les armes, une phase de dialogue a suivi avec des mesures d'amnistie notamment. Là, on continue comme si rien n'avait changé. Paris n'a pas considéré la situation au bon niveau », analyse Jean-Christophe Angelini.

Dans la soirée, l'exécutif de Corsica Libera qui s'était réuni vendredi à Corte, a fait parvenir sa position. Cette incarcération est « un piège grossier » dans lequel le mouvement n'a pas l'intention de tomber. Corsica Libera appelle d'ailleurs ses militants garder la tête froide. « Nous ne changerons pas de stratégie, n'ayant pas l'habitude de naviguer à vue », assure l'exécutif du mouvement avant de promettre « une réponse politique à la hauteur des enjeux ». Corsica Libera salue, d'ailleurs, au passage la demande « d'amnistie »demandée par le socialiste Jean-Charles Orsucci. Car il est impossible de ne pas lier - au moins dans le temps - l'incarcération de Pierre Paoli, présenté par la justice comme l'un des cadres du FLNC et le vote de l'amendement sur la Corse.

Manque de lisibilité du gouvernement

Un tout petit amendement qui promet une collectivité unique et la suppression des conseils généraux pour décembre 2017. Que les nationalistes ne boudent pas. Mais dont ils remarquent qu'il n'est qu'un« point minime » de ce que demandent les élus insulaires. Avec notamment le maintien des élections départementales (pour une collectivité qui est censée disparaître) suivies de très près par les élections territoriales.

Du coup, personne ne crie victoire. Certes l'amendement concernant la Corse a été voté. Va-t-il passer la barre du conseil constitutionnel ? Rien n'est acquis pour l'heure. Si les sages retoquaient cette partie de la loi NOTRe (nouvelle organisation des territoires de la République), on reviendrait à la case départ. Parce qu'à part cette collectivité unique que l'on renvoie à deux ans et demi dans le futur, rien n'a été accepté.

C'est ce que résume Inseme en assenant que « le compte n'y est pas ».Le PNC détaille : « Non au statut de résident, non à la coofficialité, non à une partie du Padduc et bien sûr non à une réforme de la Constitution. »

En fait, avec ces concessions qui semblent avoir été effectuées à reculons, les nationalistes n'ont pas l'impression que le gouvernement soit clair dans sa démarche. « Sò affare in francese(c'est compliqué) », commente Xavier Luciani, du PNC.

Sans verser dans le pessimisme, tous les mouvements sont conscients qu'il va falloir qu'ils remobilisent et qu'ils retournent sur le terrain.

Corsica Libera a bien l'intention de se recentrer sur le plan des idées avec ses partenaires de la coordination pour une voie politique (« laquelle dépasse très largement le cadre nationaliste »).

Inseme veut remettre Femu a Corsica en ordre de marche. Et le PNC, qui est dans le même esprit, a l'intention de se repositionner de manière très claire dans un projet de société. Pour une île qui doit aussi être défendue au plan économique et social.

Ce que tous redoutent sans le dire officiellement, c'est qu'au-delà du positionnement des mouvements et des partis, l'incompréhension de la situation corse vue de Paris ne débouche - une nouvelle fois - sur des dérapages et des initiatives« hors de contrôle ». Ce qui mettrait à mal des années de travail accompli pour les uns comme pour les autres au sein de l'assemblée de Corse...

Isabelle LUCCIONI

iluccioni@corsematin.com

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Vos derniers commentaires
25/02/2015 à 07h39

il faut reconnaître qu'ils ont servis la Corse et je remercie ces "ancêtres purs" du départ qui ont réussi à sauvegarder notre patrimoine mais aujourd'hui d'une part ils sont gangrénisés d'autre part il existe d'autres moyens moins dangereux plus légaux et pacifiques ... même si ....certains nouveaux envahisseurs doivent être surveillés de près inchallah.... !

25/02/2015 à 00h53

Et avec eux ????

23/02/2015 à 14h43 | 2

Sans Eux, Où serions-NoUs ?

23/02/2015 à 13h16

Jamais satisfaits, ils sont contre quelque soit l'ouverture. Opposants par nature, pas constructifs.

23/02/2015 à 12h06 | 1

Les élections permettent de jauger son influence politique auprès des électeurs !!! Pour les nationalistes, le compte va être vite fait !!!!