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samedi 24 juin 2017
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Publié le  - 32
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Daniel Berrebi : « Le meilleur atout pour la  - 28528869.jpg
Gérard Baldocchi
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Votre projet de reprise ne plaît pas aux représentants de personnels de la SNCM. Comment surmonter un tel handicap ?

Par la discussion. C'est un projet de redéploiement et de pérennisation de la compagnie. C'est vrai, le plus gros problème, c'est de se mettre d'accord, mais il n'y a que la CGT qui est défavorable, le reste du personnel accepte de discuter.

Pour le STC aussi, votre offre est qualifiée de « non recevable »

Le STC a adressé un courrier à tous les candidats pour dire qu'il ne voulait pas d'offres de reprise, puisqu'il se positionne sur la création d'une compagnie régionale corse. Je pense malgré tout que la porte n'est pas fermée à double tour avec Alain Mosconi avec qui, en tant que Méditerranéen familier de la Corse depuis longtemps, on pourra bientôt échanger, j'en suis persuadé.

Vous préservez 800 emplois alors que vos concurrents, Patrick Rocca et Christian Garin, en conservent respectivement 300 et 700 de plus. C'est mal barré pour vous…

Vous vous trompez. Patrick Rocca, c'est moins que nous, 670 salariés, et Christian Garin, c'est 896 mais avec toutes les filiales dont les agences de voyages. Il a annoncé 1 500 dans cinq ans, mais le maritime n'est pas un domaine où on peut ainsi tirer des plans sur la comète. Notre proposition est sérieuse et fiable.

Après avoir déclaré que les quatre navires de la DSP navigueraient sous pavillon français premier registre, vous dites aujourd'hui recourir au pavillon européen. Pourquoi ce revirement ?

Ça relève, là encore, de la désinformation. Les quatre navires qui desserviront la Corse seront bien sous pavillon français premier registre. Le pavillon européen, c'est pour les lignes du Maghreb, mais attention, aussi bien les états-majors que les équipages seront français.

Appeler la compagnie qui va desservir la Corse « U Batellu », ce n'est pas un peu trop folklorique ?

Je connais la place qu'occupe la langue corse ici. C'est un choix identitaire qui signifie que nous sommes au service de la Corse et de son économie. Je suis fier de ce nom et il s'étalera en gros sur les navires. D'ailleurs, chaque fois que je l'évoque, j'ai de bons retours.

Il se dit que votre candidature est soutenue par l'État et par l'actuel actionnaire principal Transdev. Cette fois, c'est vrai ?

Nous avons défendu notre dossier à plusieurs reprises auprès de l'État et il semble assez satisfait, notamment du redéploiement de la compagnie sur le Maghreb. Quant à Transdev, on travaille avec eux depuis dix mois. Si l'écoute est attentive, c'est qu'on a les meilleurs atouts pour réussir.

Pour la première fois, la compagnie sera dirigée par un armateur expérimenté issu d'une famille d'armateurs, mon grand-père l'était déjà en 1921, et j'ai toujours baigné dans ce milieu. Je précise que je suis l'unique armateur français qui a réussi à se développer à l'étranger.

L'État doit-il sortir du capital ?

Oui, l'entreprise sera privée.

Vous avec aussi le soutien du président de l'Exécutif corse ?

En tout cas, le courant avec Paul Giacobbi passe bien. Il veut un repreneur fiable à la tête d'une compagnie dévouée à l'économie de la Corse. Il a trouvé le bon interlocuteur.

Comment comptez-vous faire évoluer la flotte ?

Le Jean-Nicolisera affecté sur les lignes du Maghreb et sera remplacé par un bateau d'occasion de moins de 180 mètres, adapté à tous les ports insulaires. Ce sera une très bonne occasion, je sais où aller le chercher. Le Monte-d'Oro sera, lui, remplacé par un bateau neuf d'une capacité de 1 500 passagers.

Vous le commanderez aux chantiers de Saint-Nazaire ?

Ils seront prioritaires car ils avaient déjà travaillé sur le dossier des nouveaux navires de la SNCM. Mais ils ont un carnet de commandes bien rempli et si ça ne peut pas se faire, je me retournerai vers l'Espagne, car le gouvernement mexicain y détient le plus gros chantier naval du pays.

Au total, l'investissement s'élèvera à combien ?

200 millions d'euros, en plus des 100 millions prévus dans le cadre de la reprise.

La création d'une société d'économie mixte pour que les nouveaux navires restent dans le giron de la collectivité territoriale de Corse, ça ne vous gêne pas ?

Ça ne nous gêne pas, et nous avons accepté cette condition. Nous serons minoritaires au sein de cette SEM. Nous aurons la maîtrise technique des bateaux, mais la Corse en sera propriétaire.

Comment pouvez-vous être sûr de ne pas avoir à payer l'ardoise de Bruxelles qui, avec les intérêts, se monte aujourd'hui à près de 600 millions d'euros ?

C'est là toute la force de notre dossier. Nous avons engagé un cabinet d'avocats qui avait résolu le cas de Geodis-Serman confronté au même problème. Bruxelles effacera l'ardoise de ceux qui réuniront toutes les conditions de la discontinuité, et nous remplissons toutes les conditions.

Et quels sont les principaux critères de la discontinuité ?

Changer de nom, ne pas reprendre plus de 50 % des emplois existants, abandonner certains actifs - les lignes sur Nice et Toulon seront supprimées - et définir un périmètre d'activités qui bouleverse la donne actuelle. Et ce sera le cas pour nous puisque le chiffre d'affaires sur la Corse, dans lequel la compensation de la DSP n'est pas comptabilisée, sera inférieur à celui du Maghreb que nous développons. Nous montrerons tout ça le 3 mars à Bruxelles.

Au fait, comment allez-vous développer le Maghreb ?

Maghreb-Ferries desservira la Tunisie, l'Algérie et le Maroc. Il y a un million et demi de Marocains en France et il n'y a aucune liaison. Nous espérons ouvrir une ligne dès le mois de juillet entre Marseille et Tanger.

Le siège de « U Batellu » sera installé en Corse ?

Pourquoi pas, nous allons y réfléchir. Nous avons déjà proposé au tribunal de commerce de délocaliser en Corse plusieurs activités. Nous allons implanter le service d'achat des carburants et de tous les produits de base pour les navires, mais aussi un service de maintenance technique de la flotte. Nous allons aussi installer notre call-center et créer un centre de formation des équipages afin de proposer de meilleures prestations aux usagers à bord des navires.

La Méridionale est prête à travailler avec vous ?

Si ce n'était pas le cas, pensez-vous qu'elle aurait laissé notre offre prospérer ?

Comment sont vos relations avec la Corsica Ferries ?

Amicales. Vous savez, dans ce milieu, tout le monde se connaît. Il y a vingt ans, c'est Pascal Lota, un ami de mon père, qui m'avait encouragé à aller au Mexique et dans les Caraïbes…

Les cadres de la SNCM disent que le risque d'un appel d'offres infructueux est très élevé. Vous le redoutez aussi ?

Pour que le tribunal de commerce déclare l'appel d'offres infructueux, il faudrait que les conditions suspensives des repreneurs ne soient pas levées. C'est-à-dire que les amendes de Bruxelles soient maintenues, que la CTC ne transfère pas la DSP et qu'il n'y ait pas d'accord majoritaire avec les personnels sur la nouvelle organisation du travail. C'est sur ce dernier point, déterminant bien sûr, que nous concentrons nos efforts.

Ces 48 heures de lobbying en Corse ont été fructueuses ?

J'ai été bien accueilli. J'ai passé notamment deux heures avec Dominique Bucchini qui, loin d'être acquis à ma cause, a vu que je n'étais pas le croque-mitaine du libéralisme qui veut tout casser. Comme les autres, il a perçu ma sincérité.

Une société mexicaine, ça ne fait pas un peu trop exotique pour se poser en acteur crédible de l'économie corse ?

Le Mexique est la sixième puissance économique mondiale, leader dans bien des domaines, et la mentalité est proche de celle de la Corse. Au fait, j'ai oublié de dire que je vais ouvrir à Miami un espace dédié à la promotion touristique de la Corse.

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